Il y a un peu plus de 30 ans, le Virtual Boy débarquait sur le marché avec une promesse futuriste : proposer des jeux 3D via la technologie stéréoscopique, qui consiste à afficher une image par œil, pour forcer un effet de profondeur, sur le principe des premières lunettes 3D rouges et bleues. À l’époque, le produit est un énorme fail : confort douteux, nausées à répétition et catalogue de jeu très (trop) limité, le Virtual Boy ne trouve pas son public, et le vidéocasque est abandonné moins d’un an après son lancement, après seulement 770 000 exemplaires vendus au Japon.
C’est donc non sans effet de surprise que la firme de Kyoto a annoncé en fin d’année dernière, le retour de sa console maudite. Moins connue que le reste du catalogue hardware de la marque, le Virtual Boy est l’un de ces ovni vidéoludiques trop en avance sur leur temps. Conçu par le père de la Game Boy Gunpei Yokoi, l’appareil va faire son grand (?) retour, 30 ans plus tard, cette fois sur Nintendo Switch 1 et 2.
Nintendo ressuscite l’un de ses plus gros bides
Le 17 février prochain, Nintendo va relancer son Virtual Boy. La console 3D sera proposée en deux versions distinctes : une en carton à 19,99€, pour profiter de la technologie à moindre frais, et une en plastique premium à 79,99€, avec trépied et design d’antan (la manette originale en moins). Le tout devra obligatoirement être couplé à un abonnement Nintendo Switch Online à 7,99€ par mois. C’est à cette seule condition que vous aurez accès à la page d’achat du Virtual Boy, et que vous pourrez profiter du catalogue Nintendo Classics dédié.
Reste à voir si la console 3D version 2026 réussira à corriger les défauts de sa prédécesseur. Avec un catalogue famélique à son lancement initial, le Virtual Boy nouvelle génération ne comptera que sept jeux au moment de sa sortie : Wario Land, Teleroboxer, Tetris 3D, Galactic Pinball, Red Alarm, et Golf, The Mansion of Innsmouth. Au total, une quinzaine de jeux seront accessibles sur l’interface rétro de Nintendo Classics, avec Mario’s Tennis, V-Tetris ou encore Vertical Force. Deux projets avortés avant leur diffusion (Zero Racers et D-Hopper) profiteront également d’une arrivée plus tardive sur la console virtuelle.
Le Virtual Boy 2026, ça donne quoi ?
À l’occasion d’une session de prise en main organisée par la marque, nous avons eu l’occasion de tester le nouveau Virtual Boy. Cet émulateur haut de gamme, pensé comme un casque dans lequel glisser une Nintendo Switch s’adresse avant tout aux collectionneurs et aux passionnés de rétrogaming, sans offrir une expérience vraiment complète : on regrette en effet que le fabricant japonais n’ait pas poussé le sens du détail jusqu’à commercialiser une manette assortie (quitte à payer, autant y aller franco). Il faudra ici se contenter des Joy-Con de la Switch, c’est franchement dommage. D’autant plus que l’appareil est particulièrement beau dans son genre. Les finitions sont belles, les couleurs vives crient les années 90, et le support pour les yeux nous immergent dans une expérience rétrofuturiste efficace, même avec des lunettes de vue sur le nez.
Encore une fois, Nintendo joue la double cible pour son Virtual Boy, qui semble à la fois pensé pour les collectionneurs hardcore, et pour les curieux qui débutent. À condition d’être abonné, l’expérience plug-and-play est d’une simplicité affolante. Il suffit d’insérer la console dans le casque et de lancer l’immersion. Quelques ajouts bien sentis viennent moderniser les fonctionnalités de l’époque, avec la sauvegarde automatique, et des contrôles améliorés.
Visuellement, c’est marrant 5 minutes
N’ayant jamais eu l’occasion de tester le Virtual Boy au moment de sa sortie initiale (désolée d’être la jeunesse incarnée), cette expérience avec la console de Nintendo était aussi la première. Pour qui a grandi avec le défilement parallaxe et le film Spy Kids 3D, c’est un grand moment de technologie qui défile sous nos yeux. La 3D monochrome permet un rendu intéressant, avec des effets de calques et des mouvement qui sont loin d’être inintéressants.
Lors de notre session de test, nous n’avons pas profité de la mise à jour promise par l’entreprise, qui entend permettre de nouvelles nuances d’affichage pour un rendu plus agréable à l’œil. C’est donc avec un monochrome de rouge que nous avons lancé Teleroboxer et Tetris 3D. Oui, c’est visuellement assez bluffant. l’ambiance rétro est là, on se croirait dans une salle d’arcade des années 90, casque VR en plus. L’écran de la Switch 2 apporte un avantage non négligeable en matière d’affichage, qui promet de limiter la motion sickeness… et c’est là que les choses se corsent.
Le Virtual Boy n’est pas pour tout le monde…
2026 ou non, vous n’échapperez pas à un effet de nausée une fois le jeu terminé. Le Virtual Boy est fun à prendre en main, étonnant à manipuler, et vous risquez même de vous amuser les dix premières minutes. Le problème, c’est que contrairement au reste du catalogue Classics qui se joue directement sur la Switch, l’émulateur de vidéocasque nécessite non seulement un équipement spécifique, mais en plus une immersion totale. Résultat : une fois l’effet de surprise passée, on se lasse vite.
… mais du coup c’est pour qui ?
À moins d’être un fan inconditionnel de la console, ou un collectionneur prêt à toutes les folies pour alimenter votre vitrine de jeux rétro, Le Virtual Boy risque de rapidement vous lasser. L’idée est pourtant bonne, mais force est d’admettre qu’elle se positionne sur un marché de niche : celui du geek nostalgique amateur de bides oubliés.
Comptez entre 19,99€ et 79,99€ pour vous offrir un Virtual Boy édition 2026. Attention, l’offre est réservée aux abonnés Nintendo Switch Online, et limitée à un exemplaire par compte actif. Un moyen pour Nintendo d’éviter les scalpers et les reventes sauvages dont l’entreprise est régulièrement victime. Quelque chose nous dit que cette fois, ce sera plus calme.

