One Piece saison 2 : on fait le bilan, calmement, mais avec spoilers

Rédigé le 13/03/2026
Allan Blanvillain

Depuis mardi, on ne parle que de ça sur les réseaux sociaux : la sortie de la saison 2 de One Piece. Excellente pour les uns, encore un peu faible pour les autres, de notre côté, on se situe entre les deux. On revient sur les 8 épisodes en distribuant les bons et les mauvais points. Attention, spoilers.

Tout comme Rome, One Piece ne s’est pas fait en un jour (sauf pour celui qui est allé à la pêche) et c’est d’autant plus vrai concernant la saison 2 de l’adaptation live de Netflix. Si vous avez lu notre critique, vous savez qu’on a apprécié l’effort et le bon esprit général. Néanmoins, certains éléments nous font grincer quelques dents. On se propose de revenir sur les bons et les mauvais côtés du show, plus en précision, y compris en rapport au récit tel qu’il est mené par le manga d’Eiichirō Oda dont il prend des libertés ici et là. Forcément, si vous n’avez pas encore jeté un œil sur les 8 épisodes de cette saison 2, arrêtez-vous là.

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Avant d’entamer les hostilités, il convient de rappeler une chose : chaque changement amené par la série a été soigneusement validé, ou du moins pas invalidé, par Oda qui supervise de loin, histoire qu’on ne raconte pas trop de carabistouilles avec son bébé.

De ce fait, il est donc pertinent de voir la série savoir qu’elle ne racontera jamais le récit dans son intégralité – même en manga, on commence à en douter – et faire quelques raccourcis en forme de clins d’oeil aux fans. Dès le premier épisode, on a apprécié voir Bartolomeo, dont on a eu connaissance de la présence à Logue Town bien plus tard dans l’oeuvre originale.

One Piece saison 2 : on fait le bilan, calmement, mais avec spoilers
© Netflix

Non seulement le show parvient à intégrer le personnage à l’intrigue, dans un rôle plutôt actif, néanmoins sans le rendre trop prédominant pour que son absence se remarque dans la suite. Et cela tombe bien, peu de chances que la série dure jusqu’à l’arc le (re)mettant en scène. Même son de cloche pour la silhouette aperçue derrière Dragon, reconnaissable immédiatement par tout fan de One Piece.

La mère de Sanji, un Luffy évoquant Dadan… la série s’est amusée à glisser de nombreux éléments de lore, telles des préparations-paiements qui n’auraient rien eu à envier à la narration d’Oda. À ce stade, il est difficile de dire si One Piece prendra les libertés futures pour expliciter ces mêmes éléments sur une frise chronologique plus resserrée, justifiant ainsi son statut « d’adaptation ». Ou est-ce qu’elle les laissera flotter dans l’air d’un univers dont on n’aura jamais toutes les clés, mais qui restera une porte d’entrée réussie ?

One Piece saison 2 : on fait le bilan, calmement, mais avec spoilers
© Netflix

Dans tous les cas, on peut féliciter cette saison 2 d’arriver à réunir cinq arcs d’intrigues au sein de seulement huit épisodes, preuve qu’il y a une volonté d’aller le plus loin possible avec ces Mugiwaras de chair et d’os. On peut même se demander si la saison 3 se focalisera finalement uniquement sur Alabasta, ou si cela ne prendra qu’une moitié de saison avant d’attaquer un autre morceau ?

La série One Piece a toujours brillé par sa volonté du D…évouement mis à son adaptation. Cela se ressent par l’envie de ne pas rater les grands moments attendus. Oui, il y a des raccourcis, mais les showrunners n’auraient jamais osé toucher au flashback de Chopper qui conserve la moindre parcelle d’émotion mise dans le format papier. Au contraire, on peut dire que le show rajoute une palette de sentiments à la marge, notamment au détour des relations entre les personnages tout au long de cette saison 2. Les relations entre l’équipage n’ont jamais été aussi « réelles ».

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Toutefois, il ne faudrait pas faire naufrage une fois la vitesse de croisière prise. Surtout au niveau de ces mêmes sentiments. Oda l’a affirmé : il n’y aura jamais de relation amoureuse entre membres de l’équipage dans son manga. Les showrunners l’ont affirmé à l’époque : il n’y aura jamais de relation amoureuse entre membres de l’équipage dans la série. Sauf que le tempérament séducteur de Sanji a ici tendance à flirter dangereusement avec le sentiment amoureux pour sa navigatrice.

One Piece saison 2 : on fait le bilan, calmement, mais avec spoilers
© Netflix

Des échanges de regards, des mots, des intentions… le cuisinier a toujours été aux petits soins pour la gente féminine avec un petit côté prince charmant, mais on a la sensation désagréable que le show joue avec la ligne. On sent que la maladie de Nami est l’occasion de créer le début d’une histoire entre les deux, là où celle-ci n’a absolument pas la même relation avec les autres Nakamas et que Sanji n’a quasiment aucune interaction avec Vivi.

Nami est le personnage qui a été le plus bouleversé par l’adaptation live. Elle est plus combative (et combattante), moins peureuse, elle réagit moins violemment aux bêtises provoquées par ses camarades… Dans le manga, les colères de Nami font peur à tous les Mugiwaras. Ici, le jeu d’Emily Rudd est plus lisse, moins extravagant. Il lui manque presque la « folie One Piece ».

One Piece saison 2 : on fait le bilan, calmement, mais avec spoilers
© Netflix

On l’a déjà dit dans notre critique, mais paradoxalement, la trop grande fidélité peut également être un frein, du moins pour qui ne serait pas familier de l’univers d’Oda. En adaptation live, il y a beaucoup de choses qui sonnent fausses, dans les costumes, les décors, les mimiques de certains acteurs… Autant d’éléments qui pourraient être diminués, voire gommés, sans que cela n’affecte la caractérisation du personnage.

On sait que cela peut rentrer en contradiction avec ce que l’on disait sur Nami ci-dessus, mais parce qu’on a le sentiment que c’est un manque dans sa personnalité et son rapport aux autres, là où on pourrait adhérer à une Nami sans perruque rousse. Il y a une différence entre incarner un personnage et lui ressembler. Cela n’engage que nous. D’ailleurs, Iñaki Godoy est peut-être celui qui fait parfois trop l’un, pas assez l’autre, en alternance.

Voilà quelques points noirs de cette saison 2 de One Piece qui peuvent freiner notre enthousiasme. Néanmoins, cela ne sera jamais suffisant pour diminuer notre envie de voir la série aller loin avec toujours autant de cœur et de passion. On pinaille parce qu’on sait qu’elle peut faire mieux, mais on reste fans.

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