Est-ce qu’il est déjà trop tard ? À six mois des vacances estivales, certains voyageurs s’organisent déjà pour profiter des meilleurs prix, de meilleurs logements. En 2025, près de 290 millions de nuitées ont été enregistrées dans l’Hexagone. Alors que de nouvelles pratiques apparaissent, des séjours réservés plus tardivement qu’à l’habituée et des dépenses plus ciblées, quels sont les bons réflexes à adopter pour économiser de précieux deniers ? Quelle est la meilleure période pour réserver ? Quelles destinations privilégier ? On a interrogé la vice-présidente senior de Kayak ainsi qu’un porte-parole d’Airbnb.
Quand réserver ?
C’est la question qui taraude tous les voyageurs. L’anticipation est-elle récompensée ou vaut-il mieux attendre la dernière minute ? Alors que de nombreuses plateformes proposent des vacances sans anticipation, il vaut mieux s’y prendre le plus tôt possible pour bénéficier des meilleurs tarifs. Selon Eva Fouquet, vice-présidente senior de KAYAK France, “le timing est essentiel. Les billets d’avion pour les départs en pleine saison, notamment en juillet et début août, ont tendance à augmenter à mesure que la date de départ approche”. Elle ajoute que des outils comme “Best Time to Travel” permettent d’identifier les périodes où les prix sont généralement les plus bas selon la destination. L’idéal se situe entre deux et quatre mois avant la date du départ.
Ainsi, il vaut mieux s’y prendre le plus tôt possible en avion… comme en train. La SNCF commercialisera les places pour l’été 2026 dès le mois de mars. Trenitalia, qui propose de rallier Milan ou Turin depuis Paris, par exemple, devrait aussi permettre aux voyageurs de réserver leurs billets dès le printemps. Pour ne rien manquer, dans les deux cas, le plus simple est d’activer les notifications sur les applications des deux compagnies afin d’obtenir les informations quant à la date d’ouverture.
Et si vous souhaitez vous laisser porter par le vent et attendre la dernière minute, Kayak et Airbnb avancent qu’il est tout à fait possible de le faire. Le plus souvent, il s’agira de combler les vides laissés par les touristes plus prévoyants. La flexibilité joue ainsi beaucoup sur le prix et permet de profiter des meilleures offres. Certaines enseignes se sont d’ailleurs spécialisées dans ce type de voyage et permettent d’obtenir un séjour clé en main sous réserve de s’y prendre le plus tard possible et de ne pas avoir une destination en tête.
Concernant les logements, l’anticipation est aussi plus récompensée. De fait, les logements les plus intéressants proches de destinations prisées en été seront les premiers à partir. Que ce soit pour le rapport qualité/prix ou pour profiter d’une expérience inédite, il vaut mieux s’y mettre le plus rapidement possible. Airbnb nous explique qu’il faut d’abord bien renseigner ses critères et prêter attention aux commentaires. Il est aussi primordial d’utiliser les filtres comme ceux évoquant les “équipements indispensables”. Au fil des mois, ces logements qui répondent à tous les critères du voyageur vont se faire de plus en plus rares.
Pour quelles périodes ?
Si la question de la meilleure période pour réserver est primordiale, celles des dates souhaitées le sont tout autant. Ainsi, les vacances scolaires sont à éviter dès que possible. Sur le principe de l’offre et de la demande, les mois de juillet et d’août sont souvent ceux où les prix grimpent. Selon les données de Kayak.fr, la fin du mois d’août et le début du mois de septembre “restent parmi les périodes offrant le meilleur rapport qualité-prix pour les vacances d’été. Une fois le pic de fréquentation passé, les prix ont tendance à baisser, ce qui en fait la période idéale pour voyager tout en profitant encore de bonnes conditions météorologiques”.
De la même manière, on préférera éviter les weekends pour partir, privilégiant le milieu de semaine où les prix sont souvent plus basés. “Décaler son départ de quelques jours, voyager en semaine plutôt que le weekend ou choisir un aéroport alternatif peut réduire significativement le coût total du billet”. En train, vous pouvez aussi miser sur des gares réputées moins chères pour ensuite assurer une correspondance à moindre coût via des trains régionaux.
Quelles destinations ?
Concernant les lieux à visiter, Kayak a délivré une sélection européenne qui allie dépaysement et tarifs avantageux. En haute saison, des villes comme Palma de Majorque, Barcelone ou encore Nice et Naples sont plus avantageuses en termes de vols. Pour celles et ceux qui souhaitent prendre le train, s’y prendre à l’avance peut aussi permettre de faire des économies. Selon Kayak, en Europe, certaines destinations restent encore plutôt confidentielles malgré leur intérêt. “Des capitales régionales et des petites villes côtières au Portugal, en Croatie ou dans les Balkans affichent des prix compétitifs combinés à une forte identité locale. Elles constituent des alternatives idéales pour les voyageurs à la recherche d’un séjour estival original sans payer le prix fort des destinations les plus populaires”.
De son côté, Airbnb met en avant le terroir français avec un top 10 des départements pour réserver un séjour en famille sur Airbnb. Le Loir-et-Cher, les Hautes-Pyrénées ainsi que la Dordogne sont sur le podium. Ensuite, on retrouve le Jura, le Haut-Rhin, la Haute-Savoie ainsi que les Hautes Alpes. “De manière générale, les régions moins touristiques et les villes de taille plus modeste offrent un meilleur rapport qualité-prix”.
5 gestes à adopter
- Anticiper et surveiller l’ouverture des ventes
- Réserver en dehors des périodes de vacances scolaires
- Partir en milieu de semaine plutôt que durant le weekend
- Bien utiliser les filtres pour trouver les logements les plus adaptés
- En dernière minute, être flexible sur les destinations et les dates
L’IA : agence de voyage nouvelle génération
La planification de vacances connait une petite révolution depuis quelques années. Alors que l’intelligence artificielle conversationnelle s’invite dans le quotidien des internautes, les outils comme Gemini et ChatGPT deviennent des assistants personnels et permettent de planifier ses congés à la minute près. Dans le cadre d’un séjour à l’étranger, il est par exemple, possible d’éditer une liste de choses à faire obligatoirement avant de partir. On ne peut en revanche que vous inviter à la prudence, puisque les informations délivrées par les plateformes ne sont pas toujours fiables. C’est par exemple, le cas concernant les autorisations de séjour et autres documents à fournir avant d’embarquer. Des touristes espagnols avaient eu la mauvaise surprise de découvrir qu’ils n’étaient pas en règle malgré ce que leur avait indiqué ChatGPT.
Mais au delà de la simple logistique, l’IA peut surtout permettre de découvrir des destinations qui répondent aux critères des voyageurs. Accessible en train, dépaysant, en climat tempéré ou chaud ainsi que des notions de budget, l’intelligence artificielle se transforme en conseiller et utilise toutes les données à sa disposition pour choisir les meilleures options. Avant cela, il suffit d’entrer des “prompts appropriés” tels que : “Agis comme une agence de voyages professionnelle. Pose-moi les bonnes questions (budget, dates, style de voyage, nombre de personnes), puis propose-moi un itinéraire détaillé avec transports, hébergements, activités et conseils pour optimiser le budget”. Pour la recherche de vols et de transports, on peut aussi demander aux agents conversationnels d’agir “comme un expert en bons plans voyage. Aide-moi à trouver les options les moins chères pour les vols, trains ou bus en me donnant les meilleures périodes de réservation, astuces prix et alternatives moins connues”.
Les plateformes ne s’y trompent d’ailleurs pas et déploient quantité d’outils du genre pour améliorer l’expérience de leurs utilisateurs. C’est le cas de Kayak qui a lancé son mode IA l’an dernier. Il permet de faire des recherches en langage naturel et de poser des questions telles que : “Où puis-je partir pour profiter de la plage au soleil en février ?” Le rapport What the Future 2026 soulignait d’ailleurs qu’un voyageur sur quatre (de génération 2 ou millénial) était plus enclin à faire confiance à une IA dans le domaine qu’à un proche.

