Test trottinette électrique Pure X McLaren : la McLaren la plus accessible se conduit debout

Rédigé le 27/01/2026
Jérémy FDIDA

Rouler en McLaren pour moins de 800 euros, c’est possible. Mais c'est limité à 25 km/h et vous conduisez debout. Alors, véritable monoplace des trottoirs ou badge glorieux sur un engin insipide ?

Non, il ne s’agit pas d’un miracle automobile, mais d’une trottinette électrique née d’une collaboration officielle entre Pure Electric et McLaren. Son prestigieux label permet-il à cette Pure X McLaren d’être exceptionnelle ? Verdict dans un essai givré.

Il neigeait beaucoup !

McLaren : du circuit à la mobilité urbaine

Quand on évoque McLaren, on pense immédiatement Formule 1, supercars hors de prix et obsession de la performance. La marque britannique incarne depuis des décennies une certaine idée de l’ingénierie : efficacité, légèreté et précision. Un ADN qui, sur le papier, semble à mille lieues d’une trottinette électrique.

Et pourtant, McLaren prête aujourd’hui son nom à un engin de mobilité urbaine. Une première « McLaren » accessible sans hypothéquer un rein, même si elle ne dépasse pas les 25 km/h réglementaires.

Même dépliée, elle est compacte.

Pure Electric : bien plus qu’un simple badge

La connexion entre Pure Electric et McLaren ne sort pas de nulle part : c’est une affaire de famille. Adam Norris, avait été mécène de l’écurie de F1 McLaren en 2019 et a investi plusieurs millions d’euros pour octroyer un volant à Lando Norris, son fils. Lando, qui vient de remporter le championnat 2025. Mais Adam Norris est aussi le créateur de l’entreprise de trottinettes Pure Electric. D’ailleurs, il l’avait lancé à travers une campagne de financement participatif qui a terminé avec une levée de fonds record de 2,61 millions d’euros.

La collaboration entre Pure et McLaren n’est donc pas une licence opportuniste (quoi qu’un peu quand-même). Elle s’appuie sur des liens directs entre les deux entités. Pour cette édition McLaren, Pure a choisi son modèle haut de gamme, en y ajoutant une identité visuelle très marquée. Pas de révolution technique, mais une déclinaison assumée dans un orange Papaya propre à McLaren. Il vous faudra en revanche vous délester de 1199 euros pour vous offrir la livrée rouge et blanche en hommage à la F1 MP4/4 d’Ayrton Senna.

© Pure

Conditions de l’essai

Je me suis bien mouillé pour tester cette Pure X McLaren. J’ai donc joué avec en plein hiver et sous la neige, loin d’un usage estival idéal. Neige, pluie, froid, routes mouillées : l’essai s’est déroulé en plein hiver. Le modèle avait déjà un peu de vécu, et le pilote d’essai affiche environ 90 kg sur la balance.

Au total, près de 200 km parcourus, incluant des côtes sévères et des montées longues de plusieurs kilomètres, histoire de mettre à l’épreuve la puissance et l’endurance de la machine.

Caractéristiques techniques

  • Moteur intégré dans le moyeu arrière (propulsion)
  • Puissance : 500 W nominale, 924 W en crête
  • Batterie : 432 Wh (42 V)
  • Poids annoncé : 16,2 kg
  • Poids mesuré : 16,4 kg
  • Pneus 10 pouces tubeless
  • Frein à tambour à l’avant
  • Freinage magnétique à l’arrière
  • Direction avec amortisseur intégré
  • Poignées repliables avec double verrouillage
  • Éclairage latéral et clignotants intégrés
  • Autonomie annoncée : 62 km à 15 km/h
  • Autonomie réelle constatée : environ 18 km
  • Temps de charge : 7 heures
  • Certification IPX5

Design et finition : c’est très joli, compact, léger et bien fini

Et non ! Ce n’est pas une machine de guerre destinée à taper des chronos. La Pure X McLaren joue la carte de la légèreté et de la compacité. Des caractéristiques plus adaptées à un déplacement urbain.

Et s’il y a bien un point où Pure justifie son positionnement, c’est sur la qualité de fabrication. La maturité industrielle de la marque se sent : les peintures sont profondes, les assemblages précis et les matériaux inspirent confiance. Le système de pliage de la potence est robuste, tout comme le double verrouillage des poignées rétractables qui ne souffre d’aucun jeu.

L’objectif de cette trottinette est la compacité. Une fois pliée, elle se fait toute petite (15 cm de large), idéale pour se glisser dans un RER bondé ou sous un bureau. On regrette cependant l’ergonomie de transport : aucune poignée ou sangle n’est prévue, et soulever 16,4 kg par la potence devient vite un calvaire dans les escaliers du métro.

Pliée, se glisse aisément dans le coffre d’une voiture. car il n’y pas de poignée qui dépasse.
Les 16,5 kg sont supportables dans des escaliers et la compacité lui permet de s’incruster dans le métro sans déranger.

Le pliage est rapide et facile. Tout est bien pensé, jusqu’à l’accroche de la potence sur le tube de batterie.

L’interface utilisateur laisse par contre à désirer. L’écran central affiche la vitesse en gros (inutile puisque bridée à 25 km/h) mais se contente de barres imprécises pour la batterie. Aucune info sur l’heure ou le kilométrage partiel. Quant à la béquille centrale, bien que plus stable qu’une latérale, elle est difficile à déployer du premier coup à cause d’un ergo mal placé.

Conduite : stabilité avant tout, avec une point de “kiffe”

C’est ici que la Pure x McLaren se distingue radicalement de la concurrence. Point de position de “skateur” (un pied devant l’autre). La trottinette dispose de deux repose-pieds latéraux escamotables qui invitent à rouler face à la route, pieds parallèles.

Honnêtement, c’est fun.

Le feeling se rapproche plus du ski que du snowboard. Cette position abaisse le centre de gravité et offre une stabilité bluffante. On dirige l’engin avec les hanches, ce qui est très sécurisant mais rend la conduite un peu moins incisive dans les virages serrés. Le slalome se traduit par des mouvements proches de la salsa ou du zouk. C’est agréable et ludique.

Côté performances, c’est nettement moins enthousiasmant. L’accélération est très progressive, voire molle (9 à 12 secondes pour atteindre la vitesse max selon la batterie). En revanche, le confort est surprenant malgré l’absence totale de suspensions mécaniques. La position sur les repose-pieds latéraux isole bien mieux les jambes des vibrations qu’un deck classique. Les pneus tubeless et la direction auto-centrée font le reste du travail sur les pavés.

Le freinage est correct, avec une distance d’arrêt de 4 mètres (des fois un peu moins) à pleine vitesse pour les 90 kg du rider, principalement grâce à l’efficacité du tambour avant.

Le tambour est agréable et progressif.

L’éclairage est basique et rappel les modèles entrée de gamme de la concurrence. Nous sommes loin des éclairages à spectre large. La bonne nouvelle, c’est qu’il est inclinable.

L’éclairage pousse à 5m.

Application mobile : c’est nul !

L’application Pure est, hélas, anecdotique. Si elle permet de régler l’intensité du freinage régénératif ou de verrouiller la trottinette, l’interface est austère. Elle regorge de données techniques pointues qui n’intéresseront pas 99% des utilisateurs, mais fait l’impasse sur des fonctionnalités de personnalisation ou un tableau de bord plus ludique. Une déception pour un produit tech.

Autonomie : le vrai talon d’Achille

La physique est implacable : pour rester compacte et “légère”, la batterie est petite (432 Wh). Pure annonce plus de 60 km d’autonomie, mais la réalité est tout autre.

Avec un pilote de 90 kg par temps froid (4°C), l’autonomie réelle chute à 18,7 km (moyenne de l’ensemble des trajets) avant la panne sèche. Dès 16,5 km, la puissance se bride et la vitesse plafonne à 21 km/h. C’est suffisant pour des trajets courts du quotidien (“le dernier kilomètre”), mais très limité pour de longues balades. Le point noir reste la recharge : il faut patienter 7 longues heures pour remplir ce petit réservoir d’énergie.