Test du xTool F2 : la gravure laser portable gagne en puissance et en vitesse

Rédigé le 28/01/2026
Gregori Pujol

Nous avons passé plusieurs jours en compagnie du xTool F2, un nouveau graveur laser portable qui promet d’apporter des performances professionnelles dans un format compact.

Successeur direct du modèle F1, ce F2 embarque deux sources laser, une diode bleue de 15 W et un laser infrarouge de 5 W, afin de couvrir un large éventail de matériaux du bois au métal (environ 300 matériaux compatibles selon le fabricant). L’idée de pouvoir graver ou découper rapidement toutes sortes d’objets est séduisante, y compris marquer directement des pièces en métal, et ce même en déplacement. Après plusieurs essais de gravure et de découpe, voici notre retour sur cette machine qui veut rendre la personnalisation express et accessible.

Je découvre la Xtool F2

Prise en main, installation et ergonomie

Dès le déballage, le xTool F2 se distingue par son encombrement réduit. C’est une sorte de petite boîte orange et aluminium d’environ 30 cm de côté, pesant moins de 5 kg. Une poignée intégrée sur le dessus permet de l’emporter facilement sur un événement ou dans un atelier nomade, ce qui cadre bien avec sa vocation portable.

© JDG

L’installation initiale est simple, on place la machine sur une surface plane, on la branche à une prise de courant et on la connecte à l’ordinateur via USB (une connexion Wi-Fi est également possible, mais nous avons surtout utilisé le câble pour plus de stabilité).

Le châssis est entièrement fermé avec une porte en verre filtrant la lumière laser, ce qui garantit une utilisation sécurisée sans lunettes de protection tant que la porte est close. L’intérieur de la chambre de gravure offre une surface standard de 115 × 115 mm pour accueillir les objets, avec un plateau métallique gravé de repères de mesure bien pratiques. La hauteur maximale des pièces est d’environ 12 cm, suffisant pour la plupart des petits objets (boîtes, mugs, objets déco).

© JDG

Le logiciel xTool Studio est le compagnon obligé de la machine, à l’heure de ce test, le F2 n’est pas encore compatible avec des logiciels tiers comme LightBurn. L’application, disponible sur Windows et macOS, s’est révélée assez intuitive. En quelques minutes, nous avons installé les pilotes et reconnu le F2 sans encombre. L’un des points forts du F2 est sa caméra intégrée de 50 mégapixels, dès qu’on place un objet dans la machine, on peut visualiser sur l’écran de l’ordinateur une image en temps réel de la zone de travail. Cela s’est avéré assez précieux lors de nos tests, même si parfois nous avons rencontrer des petits de calages. Par exemple, pour graver le prénom sur un porte-clés en bois, il nous a suffi de positionner le porte-clés sur le plateau et de vérifier sur l’aperçu caméra que le texte était parfaitement centré et orienté.

L’alignement est redoutablement précis, à ±0,1 mm près d’après xTool, et en pratique nous n’avons raté aucune gravure à cause d’un mauvais centrage. La mise au point est, elle, automatique car le F2 ajuste tout seul la hauteur de focalisation en fonction de l’épaisseur de l’objet. On gagne ainsi un temps considérable par rapport aux graveurs manuels où il faut tourner une molette ou ajouter des cales. Ici, on place l’objet, on ferme la porte, et la machine fait le point toute seule en quelques secondes.

© JDG

Côté ergonomie, le F2 offre quelques détails appréciables

Un éclairage LED interne éclaire la pièce pendant le travail, ce qui, combiné à la caméra, permet de bien suivre le déroulement. Un bouton d’arrêt d’urgence facilement accessible sur le côté rassure en cas de problème, et un capteur de flamme est intégré pour détecter tout départ de feu et interrompre la gravure si, par exemple, un matériau venait à s’enflammer. Nous n’avons heureusement pas eu à tester cette fonction de sécurité dans les faits, mais savoir qu’elle est là permet d’être plus serein, surtout lors de découpes de matériaux inflammables comme le bois.

© JDG

Un ventilateur d’extraction de fumée est également inclus dans la machine, il se met en route automatiquement pendant la gravure. Dans une pièce bien ventilée ou reliée à un filtre d’air optionnel, cela permet de limiter les odeurs et particules. En fonctionnement, le F2 n’est pas silencieux car le bruit provient surtout du ventilateur, comparable à celui d’un aspirateur, et du sifflement aigu des galvanomètres lorsque le laser balaie à pleine vitesse. Le niveau sonore reste acceptable pour un atelier ou un stand de salon, mais dans un environnement très calme il sera perceptible. À plein régime, mieux vaut avoir le filtre d’air (type purificateur à 99,97 % de particules) pour éviter de parfumer la pièce d’une odeur de bois brûlé.

En tout cas, sur la partie installation et ergonomie logicielle, le F2 nous a fait forte impression avec son usage globalement plug & play et ses assistances (caméra, autofocus, bibliothèque de matériaux prédéfinis, etc.) qui facilitent la vie.

Puissance double faisceau et performances de gravure

Le xTool F2 se distingue de la plupart des graveurs laser grand public par son système double faisceau. Concrètement, il embarque deux têtes laser différentes : une diode laser bleu-violet de 455 nm (puissance 15 W) et un laser infrarouge de 1064 nm (puissance 5 W). Cette combinaison vise la polyvalence maximale, chaque laser étant efficace sur certains matériaux. Lors de nos tests, nous avons pu vérifier l’intérêt de ce duo.

© JDG

La diode 15 W excelle sur les matériaux organiques et sombres : bois, bambou, cuir, carton, acrylique teinté, etc. Elle peut à la fois graver (marquer en surface) et découper de fines épaisseurs. Nous avons par exemple découpé sans difficulté des maisons dans du contreplaqué peuplier de 5 mm d’épaisseur pour préparer des décorations de Noël. En une plusieurs passe à vitesse modérée, la découpe était franche et nette, sans carbonisation excessive sur les bords, un résultat honorable pour un laser diode, rendu possible par la puissance de 15 W qui est parmi ce qui se fait de plus élevé sur ce segment. En gravure sur bois ou cuir, la diode permet de réaliser des motifs bien contrastés. Attention en revanche, comme toutes les diodes de cette longueur d’onde, elle n’a aucun effet sur l’acrylique transparent ou le verre brut (la lumière passe à travers sans marquer), ce type de matériaux nécessite un laser CO₂ ou un traitement préalable (peinture, spray) pour être gravé.

Le laser infrarouge 5 W est, lui, dédié aux matériaux que la diode ne peut pas attaquer, en premier lieu les métaux. Il permet de marquer directement une surface métallique en y créant une oxydation ou une micro-ablation. Nous avons ainsi pu graver un visuel sur des boules de pétanque en métal sans aucune préparation, ce qui ouvre des possibilités intéressantes de personnalisation d’objets du quotidien en aluminium, en acier inoxydable, etc. La finesse du trait était au rendez-vous, et on pouvait sentir légèrement la gravure du bout du doigt, la puissance de 5 W reste modeste comparée aux grosses fibres industrielles, mais suffisante pour un marquage net. Par exemple, graver le dos d’un smartphone en aluminium anodisé, personnaliser une gourde métallique, ou marquer un outil en acier devient possible avec le F2.

© JDG

D’après xTool, ce laser IR de 1064 nm peut intervenir sur la plupart des métaux usuels (acier inox, aluminium, cuivre, laiton, titane, métaux plaqués, or, argent, etc.). Nous avons également tenté une gravure couleur sur inox en modifiant les paramètres (une technique consistant à générer une couche d’oxydation colorée par variation de la fréquence et de la puissance). Les résultats obtenus sur de l’acier inoxydable étaient timides, quelques reflets brun-bleuté apparaissaient selon l’angle, rien de très vif. Il semble qu’avec 5 W on puisse obtenir des teintes légères, mais il faut sans doute beaucoup de précision et de patience pour réaliser des marquages multicolores nets (ce que des lasers fibrés plus puissants permettent mieux). Le F2 standard n’est donc pas une machine de marquage couleur industriel, mais pour du marquage noir ou gris sur métal, il fait parfaitement l’affaire.

La vitesse de gravure du xTool F2 impressionne aussi

Contrairement aux graveurs diode classiques qui déplacent une tête sur des rails (souvent limités à quelques centaines de mm/min), le F2 utilise une architecture à miroirs galvanométriques comme les lasers de marquage industriels. La tête ne bouge pas physiquement sur X et Y, ce sont des miroirs qui orientent le faisceau à très haute vitesse sur la zone. Résultat : le F2 atteint jusqu’à 6000 mm/s en vitesse de balayage. Ce chiffre, un peu abstrait, signifie qu’il peut réaliser une gravure complexe en quelques secondes là où un laser classique mettrait plusieurs minutes.

© JDG

Lors de nos tests, nous avons pu graver une photo 5×5 cm sur du bois en environ 2 minutes seulement, avec une résolution correcte, ce qui est bluffant quand on a l’habitude de lasers plus lents. Bien sûr, la vitesse réelle dépendra de la complexité du motif et des matériaux, mais globalement le gain de temps est notable. En production de petites séries ou en démonstration live face à un client, cette rapidité fait toute la différence car on peut repartir avec son objet personnalisé en main en quelques minutes seulement. À noter que cette vitesse s’accompagne d’une haute précision, les petits détails, comme une fine police de quelques millimètres de haut ou des motifs très détaillés, ressortent proprement grâce à la qualité du spot laser et à la stabilité du système. Le F2 est ainsi capable de gravure photo en haute définition, restituant des nuances de gris sur du bois ou de l’ardoise par exemple, avec un contraste satisfaisant, de quoi imaginer réaliser des portraits gravés ou des cadeaux personnalisés de qualité professionnelle.

Enfin, nous avons expérimenté la gravure en relief 3D sur du bois, l’une des nouvelles possibilités mises en avant par xTool. L’idée est d’enlever progressivement de la matière par passes successives pour sculpter une surface en dénivelé. Avec le F2 standard, qui n’a pas la puissance d’un laser fibre haut de gamme, il ne faut pas s’attendre à creuser du bois dur sur plusieurs millimètres comme dans du beurre. Néanmoins, en gravant un motif de manière répétée avec des réglages adaptés, nous sommes parvenus à créer un léger relief dans du bois sur une épaisseur d’environ 1 mm. C’est un processus lent et un peu tatillon (il faut tester les paramètres de puissance et de passes), mais le F2 a tenu le coup et le résultat, bien qu’expérimental, ouvre des perspectives intéressantes pour les makers les plus créatifs. Pour ce type de travail, la puissance supplémentaire de la diode 15 W par rapport à la génération précédente (le F1 avait 10 W) apporte un vrai plus.

© JDG

Kit convoyeur : gravure en série sur 4x plus de surface

Parlons maintenant de l’un des accessoires phares du xTool F2 standard : son kit convoyeur, officiellement appelé extension de plateau. Il s’agit d’un module optionnel que nous avons eu l’occasion d’installer durant le test, et qui permet d’étendre la surface de travail de la machine de 115 × 115 mm à 115 × 400 mm. Concrètement, ce kit se présente comme un plateau additionnel motorisé qui vient se fixer sous la machine. L’installation est simple, on positionne l’extension contre la base du F2, on la fixe (quelques vis à serrer) et on la connecte via un câble à la machine pour la synchronisation. Une fois en place, le F2 reconnaît l’extension et la zone de travail dans le logiciel s’ajuste à la nouvelle dimension allongée.

Qu’apporte vraiment cet accessoire ?

Essentiellement, la possibilité de réaliser des gravures ou découpes sur des objets plus longs, ou bien de lancer des gravures en petite série sans intervention manuelle entre chaque pièce. Lors de nos essais, nous avons, par exemple, préparé une série de maison en bois à découper puis graver. Au lieu de les graver un par un, en ouvrant la machine à chaque fois pour remplacer la pièce, nous avons pu en disposer quatre à la suite sur l’extension de plateau. Grâce à la caméra 50 MP, le logiciel nous a montré l’ensemble des éléments alignés dans la zone de 115 × 400 mm, comme une mosaïque que l’on peut configurer à l’écran. Après un cadrage et un focus automatiques, nous avons lancé la gravure en une seule fois : le F2 a gravé la première, puis a automatiquement déplacé le plateau pour amener la seconde sous le faisceau, et ainsi de suite. Le tout sans que nous ayons à ouvrir la porte ou à toucher aux pièces. Cette gravure en séquence automatique fonctionne de manière fluide. Il faut juste anticiper en plaçant bien les objets et en utilisant les pinces de fixation fournies avec le kit.

© JDG

L’intérêt du kit convoyeur se vérifie donc pour quiconque veut gagner du temps sur des productions répétitives. On peut imaginer un artisan ou un commerce gravant des lots d’étiquettes, de porte-clés, de stylos ou autres objets personnalisés, il suffit de les aligner et de laisser la machine travailler en chaîne. C’est également utile pour graver des objets un peu plus longs qu’un carré de 11 cm, par exemple une règle graduée, une latte de bois, ou une plaque métallique étroite. Plutôt que de découper son design en plusieurs morceaux, on le réalise d’un coup sur la longueur.

Bien sûr, cette extension a aussi ses limites. D’abord, elle n’élargit pas la zone en largeur (toujours 11,5 cm), ce qui signifie qu’on reste cantonné à des objets relativement petits ou étroits. Elle allonge seulement la zone dans une direction. Ensuite, nous avons observé que la vitesse effective de gravure est réduite avec l’extension par rapport à une gravure dans la zone standard. En effet, pour garantir la précision sur toute la longueur, le F2 semble limiter son allure durant le processus étendu. Les déplacements du plateau demandent aussi un temps mort entre chaque segment de gravure.

Au final, pour une pièce unique qui dépasserait 115 mm, le gain n’est pas dans la rapidité mais dans la capacité à la réaliser en une fois. Pour des pièces multiples, en revanche, le bénéfice est clair car on enchaîne sans surveillance, plusieurs gravures que l’on aurait dû lancer une par une. Durant nos tests, le kit convoyeur a fait preuve d’une bonne fiabilité, les déplacements du plateau étaient précis et répétables, les motifs restaient alignés d’un segment à l’autre sans décalage visible.

L’installation/désinstallation prend quelques minutes, mais on peut très bien laisser l’extension montée en permanence si on en a l’utilité régulière.

Comme on le voit, le champ d’application est vaste et ne se limite qu’à l’imagination de l’utilisateur, et à la taille de l’objet tout de même. Le F2 n’est pas conçu pour de grandes pièces, oubliez la gravure d’une planche de surf ou la découpe d’un meuble entier, son domaine c’est l’objet de petite à moyenne taille. Mais dans ce domaine, il est redoutablement efficace et polyvalent grâce à ses deux lasers et à son écosystème d’accessoires.

Pour quel public, pour quels usages ?

Au terme de ce test, à qui pouvons-nous recommander le xTool F2 ? Compte tenu de ses capacités et de son positionnement, il s’adresse en premier lieu aux créateurs, artisans et petites entreprises qui ont besoin d’une solution de gravure polyvalente et mobile. Si vous tenez une boutique de personnalisation d’objets, que vous faites régulièrement des marchés, des foires, des mariages ou des événements où l’on vous demande des gravures sur place, le F2 est un allié de choix. Sa compacité permet de l’amener sur site sans effort, et une fois installé, vous pouvez produire rapidement et en toute sécurité des gravures de qualité professionnelle devant les clients émerveillés. Pour de la petite production en série d’objets personnalisés (porte-clés d’entreprise, goodies, bijoux gravés…), le F2 offre la vitesse et la répétabilité nécessaires, surtout avec le kit convoyeur qui automatise l’enchaînement des pièces. On est clairement sur un outil pensé pour démocratiser la gravure laser pro auprès d’un public qui n’est pas forcément ingénieur ou technicien, surtout que l’interface logicielle est accessible, des préréglages de matériau existent en pagaille, et même une assistance par intelligence artificielle (nommée AImake) est intégrée pour générer des designs ou suggérer des paramètres si on le souhaite. Le support communautaire n’est pas en reste, avec une bibliothèque de projets en ligne et des tutoriels pour progresser.

© JDG

Les makers avertis y trouveront quant à eux un outil très complet pour leur atelier, surtout s’ils travaillent des matériaux variés. Plus besoin d’acheter séparément un laser diode pour le bois et un laser fibre pour le métal, le F2 combine les deux en une seule machine, avec un encombrement moindre et un coût total potentiellement plus abordable que deux machines distinctes. Ces utilisateurs avancés regretteront peut-être l’impossibilité (temporaire ?) d’utiliser un logiciel tiers comme LightBurn, ou encore la zone de travail réduite comparée à des lasers de découpe grand format. Sur ce dernier point, il faut voir le F2 comme complémentaire d’un gros laser si vos créations mixent petites gravures précises et découpes de grandes pièces. En revanche, pour de la maquette, du modélisme, de la personnalisation d’objets, il peut facilement devenir l’outil central de par sa flexibilité.

Qu’en est-il du grand public curieux et créatif ? Le xTool F2 conviendra-t-il au hobbyiste qui veut juste s’amuser à graver quelques objets chez lui ? La réponse est mitigée et dépendra essentiellement du budget de chacun. Affiché à environ 1 409 €, le F2 représente un investissement conséquent. Pour un usage purement ludique ou ponctuel, c’est sans doute un luxe, d’autant qu’il faudra potentiellement ajouter le filtre à air ou d’autres accessoires pour en profiter pleinement en appartement par exemple. En revanche, pour l’amateur sérieux qui envisage pourquoi pas de monétiser sa passion ou de monter un petit commerce Etsy, le F2 peut être vu comme un investissement rentable. Sa rapidité et sa double technologie lui permettent d’accepter des commandes variées (du flocage de mug à la médaille pour animal en passant par la plaque de boîte aux lettres), et donc de multiplier les opportunités créatives et commerciales.

Je découvre la Xtool F2