Canal+, détenteur exclusif des droits de la Premier League en France ne lâche rien. Le 14 janvier 2026, le tribunal a ordonné à NordVPN et Surfshark de filtrer l’accès depuis la France à 16 plateformes IPTV illégales, qui proposaient de profiter de milliers de chaînes – dont les matchs du championnat britannique – en HD, et à prix cassé. Le juge invoque l’article L. 333-10 du Code du sport, relatif à la lutte contre la diffusion illicite de compétitions sportives : les VPN sont des intermédiaires techniques essentiels à la transmission des données. Ils doivent donc faire en sorte d’empêcher les contournements de blocages, sous peine d’une amende, et d’une astreinte de 500 à 1000 € par jour de retard.
Les VPN pris en étau
NordVPN et Surfshark protestent. Bloquer ces domaines trahirait leur promesse d’anonymat en ligne, quand bien même on sait que même avec un VPN, la confidentialité absolue n’existe pas. L’argument avancé par les VPN est avant tout pratique : en plus de contrevenir à leur ADN, un blocage ne serait, dans la réalité, que très peu efficace. Alors que les IPTV pirates explosent, il est possible de contourner les abonnements légaux pour quelques euros par mois. Un sacré manque à gagner pour Canal+, mais un combat perdu d’avance, arguent les VPN, qui assurent que même en bloquant les plateformes concernées, il sera toujours très facile de contourner les voies officielles.
L’IPTV est désormais utilisée par 11 % des internautes français, dont les deux tiers s’y sont mis ces trois dernières années. Ces offres tout-en-un proposent des milliers de chaînes et contenus premium pour quelques dizaines d’euros par an. Face à ce raz-de-marée, l’Arcom tire la sonnette d’alarme.
1,2 milliard d’euros de pertes pour le secteur audiovisuel et 290 millions d’euros pour le sport. L’État aussi trinque avec 400 millions d’euros de recettes fiscales et sociales parties en fumée. Autant dire que ça commence à chauffer sérieusement dans les bureaux du régulateur.
L’Arcom veut passer à la vitesse supérieure avec un système inspiré des modèles britannique et italien. L’objectif est d’automatiser partiellement les dispositifs de blocage, particulièrement pour les retransmissions sportives en direct. Concrètement, plus besoin de vérification manuelle pour chaque lien. Le système détecterait les flux pirates et les couperait instantanément, pendant le match et non trois heures après le coup de sifflet final.